Biographie

Claude Faraldo est un acteur, réalisateur et scénariste français né le 23 mars 1936 à Paris. C'était l'un des rares cinéastes à venir d'un milieu ouvrier, il avait commencé à travailler dès l'âge de 13 ans. "...Jusqu'à vingt-six ans, porteur de télégrammes ou manoeuvre, chômeur ou livreur, il connaît toutes les humiliations quotidiennes, la fatigue, le travail qui abrutit. En 1964, il rencontre Evelyne Vidal qui lui permet de vivre trois ans sans rien faire". (1). Il débute dans la vie artistique "...il imagine un scénario (Bof), écrit quelques pièces de théâtre (Doux Métroglodytes jouée au Studio des Champs-Elysées par Huguette Hue et Bernard Fresson), suit des cours d'art dramatique chez René Simon...) (1) et en co-réalisant "La jeune morte" avec Roger Pigaut, en 1965, avec Jean-Claude Rolland - dont on connaît le destin tragique - et Françoise Fabian, racontant la sortie de prison d'un jeune homme qui enquête sur la mort mystérieuse de sa jeune fiancée (1). Dès son second film, il est étonnant de singularité avec "Bof... Anatomie d'un livreur" (1970), avec l'atypique Julian Negulesco en livreur. Il nous fait partager sa morne vie, et celle de sa femme qui excédée quitte son travail - radieuse Marie Dubois - . Il décide de s'extraire du système, en vivant avec son père veuf - formidable Paul Crauchet - et un balayeur noir. Une réflexion étonnante, profitant du climat singulier des années 70 dans le cinéma français. Il est ensuite l'auteur du libertaire et culte "Themroc" (1972), "...un poème barbare" (1), avec un prodigieux Michel Piccoli - il obtient un prix d'interprétation au festival d'Avoriaz -. Le ton anarchique surprend, un employé du bâtiment décide de réagir contre ceux qui ont le pouvoir et de vivre comme il entend, se rapprochant de la vie d'un homme des cavernes, faisant l'amour avec sa sœur - Béatrice Romand - et refusant l'autorité de sa mère - singulière Jeanne Herviale -. Il finit par contaminer son entourage par sa folie furieuse et destructrice. Le film n'a pas de dialogue - les personnages ne s'exprimant que par onomatopée -, et se veut le refus d'une existence routinière et absurde. Un diamant noir étonnant, dans lequel on retrouve quelques piliers du café théâtre comme Patrick Dewaere, Romain Bouteille ou Miou-Miou, ravi de casser les codes d'un cinéma français landa. Il tourne ensuite un documentaire "Tabarnac", sur la tournée française du groupe québécois "Offenbach", film qui semble être très apprécié au Canada. Il reprend le personnage du livreur, qu'il joue lui même cette fois dans"Les fleurs du miel" (1976), où il séduit une jeune femme désabusée et malheureuse en ménage lumineuse Brigitte Fossey -. "Deux lions au soleil" (1979), est un film étonnant, porté par l'interprétation de Jean-Pierre Sentier - comédien trop sous-employé - et Jean François Stévenin. Les deux hommes vont fuguer et vivoter loin de la société, et avoir entre eux une relation dépassant l'amitié. C'est un film méconnu sur l'errance. Avec "Flagrant désir" (1986), il utilise le format classique du policier, dans les vignobles bordelais, révélant la comédienne Anne Roussel. Même si la forme est plus classique, il est toujours lucide pour décrire avec justesse les enjeux de pouvoir. "Merci pour le geste" (1999). Son dernier film, narre la vie d'un SDF et de son chien. Faraldo était à l'initiative du projet de "La veuve de Saint-Pierre", dont il avait écrit le scénario. Alain Corneau fut envisagé comme réalisateur, le film se fit finalement sous la direction de Patrice Leconte, avec Juliette Binoche et Daniel Auteuil, en 1999. Il faut saluer le parcours assez inhabituel et original de ce cinéaste, qui hélas n'aura pas eu trop l'occasion de continuer sur cette voie ces derniers temps - morne adaptation pour la télévision d'un roman de Michel Drucker, malgré l'interprétation de Jean Carmet dans "La chaîne", en présentateur du JT, éconduit suite à des élections, pour la télévision, par exemple. A défaut, il aura promené sa silhouette assez étrange dans quelques rôles, notamment dans la série "David Nolande", pour la télévision, où il figurait le mystérieux Alexian. On peut légitimement se demander ce qu'il adviendrait à ce cinéaste s'il débutait aujourd'hui...

(1) Bibliographie : "900 cinéastes français d'aujourd'hui", sous la direction de René Prédal (Éditions du Cerf, 1988), par Gérard Camy.

(1) Le film semble être inédit, mais les catalogues du cinéma français de Raymond Chirat, indiquent une date de sortie (septembre 1966), mais elle peut être corporatiste, ce que confirme Claude Faraldo dans un entretien avec Jean Roy pour "L'humanité".

Filmographie : 1965 La jeune morte / Les chiens (co-réalisateur, Roger Pigaut) - 1970 Bof... Anatomie d'un livreur - 1972 Themroc - 1974 Tabarnac (documentaire) - 1975 Les fleurs du miel - 1979 Les lions au soleil - 1986 Flagrand désir - 1987 La chaîne (TV) - 1990 Tête de pîoche (TV) - 1972 Themroc - 1974 Tabarnac - 1975 Les fleurs du mal - 1980 Les lions au soleil - 1986 Flagrant désir - 1987 La chaîne (TV) - 1989 Les jupons de la Révolution : La baïonnette de Mirabeau (TV) - 1990 Puissance 4 : Tête de pioche (TV) - 1992 V comme vengeance : Champ clos (TV) - Puissance 4 : Le serpent vert (TV) - 1999 Merci pour le geste. Comme acteur : 1970 Les années Lumière (Jean Chapot, documentaire, voix du récitant) - 980 Le jardinier (Jean-Pierre Sentier) - 1982 Les enquêtes du commissaire Maigret : Maigret et l'homme tout seul (Jean-Paul Sassy, TV) - 1983 Mesrine (André Génovès) - 1987 Blanc de Chine (Denys Granier-Deferre) - 1993 Maigret se défend ((Andrzej Kostenko, TV) - L'ange noir (Jean-Claude Brisseau) - 1994 La patience de Maigret (Andrzej Kostenko, TV) - 1995 La rivière Espérance (Josée Dayan) - 2006 Mafiosa, le clan (Louis Choquette) - David Nolande (Nicolas Cuche) - Scénariste : 1999 La veuve de Saint-Pierre (Patrice Leconte) - L'équipier (Philippe Lioret). Production : 1977 Pourquoi pas (Coline Serreau).

ARTICLES : AFP

Décès de Claude Faraldo, cinéaste contestataire, à l'âge de 71 ans

Cinéaste autodidacte et contestataire, auteur d'une douzaine de films joyeusement provocateurs, d'inspiration anarchiste tels que "Bof", "Themroc" ou "Deux lions au soleil", le réalisateur Claude Faraldo est décédé mardi à l'âge de 71 ans, a-t-on appris jeudi auprès de son agent. Né à Paris le 23 mars 1936, Claude Faraldo avait exercé divers petits métiers avant de venir au cinéma dans les années 60 et 70, où s'était épanoui son esprit radicalement contestataire. Il a été inhumé ce jeudi "dans le Midi, en toute intimité", a indiqué à l'AFP son agent, Pierrette Panou. L'un des rares cinéastes français à revendiquer une origine prolétarienne, Claude Faraldo a signé entre 1965 et 2000 une douzaine de titres ("La jeune morte", "Tabarnac", "Deux lions au soleil", "Flagrant désir"..) qui forment une oeuvre placée sous le signe de la rébellion et du refus des conformismes. Parmi les plus connus figurent "Bof ou l'anatomie d'un livreur", une truculente pochade avec Marie Dubois et Paul Crauchet, jugée très provocante à sa sortie en 1971 : l'histoire d'un ouvrier décidant, au nom du droit à la paresse, de changer de vie. L'année suivante, il clouait au pilori la société de consommation dans un autre film controversé, "Themroc", joyeuse farce montrant la révolte radicale d'un peintre en bâtiment, vieux garçon, incarné par Michel Piccoli. Après un incident avec son patron, celui-ci s'enfuyait en rugissant et poussait les habitants de son quartier à retourner à l'âge des cavernes - grognements, borborygmes et rugissements remplacent les dialogues dans ce film, où les rapports mère-fils, frère-soeur, employeur-salarié sont mis en pièces. Après l'échec de son long-métrage "Tabarnac" en 1974, il avait travaillé pour la télévision, signant notamment "le Serpent vert" et "Tête de pioche" dans les quartiers populaires de Marseille. Le Festival de cinéma d'Alès, Itinérances, qui lui avait rendu hommage en 2006, regrette jeudi dans un communiqué la disparition d'un "cinéaste autodidacte, qui s'était emparé de cet art avec une énergie farouche, donnant à intervalles réguliers des nouvelles de la famille, du monde ouvrier, de la société française". Claude Faraldo s'était "imposé dans les années 70 comme un des principaux représentants d'un cinéma contestataire, un cinéma de la rebellion et du refus des conformismes", dit le festival.


L'humanité

Claude Faraldo ou le goût de la liberté - Entretien réalisé par Jean Roy

Bof, Themroc, Deux lions au soleil, Merci pour le geste, autant de films à redécouvrir pour y respirer le parfum d'un cinéma français buissonnier butinant l'air du temps et le refus des conventions.

Atypique, Claude Faraldo occupe une place à part dans le cinéma français. Une douzaine de titres parsèment pourtant son oeuvre qui, placée sous le signe de la rébellion et du refus des conformismes, trouve une place naturelle dans « De bruit et de fureur ». Rencontre avec un cinéaste si discret qu'on avait pu en venir à l'oublier un peu.

Comment êtes-vous venu au cinéma ?

Claude Faraldo. Rien ne m'y préparait, même pas par vocation. J'étais chauffeur livreur chez Nicolas avec Reiser. J'ai écrit un scénario, on m'a proposé de le faire, et voilà ! C'était la Jeune Morte, en 1965, qu'on a pu voir en Hongrie, en Tchécoslovaquie, mais qui n'est pas sorti en France. J'ai eu trois décès sur ce film, la script, la monteuse et Jean-Claude Rolland, qui était l'acteur principal. Je n'étais pas assez pro pour passer au-dessus de tout cela et je ne voulais plus en entendre parler. J'ai cru que le cinéma était fini pour moi. Après, j'ai fait une pièce de théâtre en 1969, Doux mais troglodytes. Il s'est passé un truc avec la pièce et j'ai écrit Themroc, mais on n'arrivait pas à le monter. J'ai alors fait Bof et, du coup, Piccoli s'est proposé, et Themroc est parti.

Où vous sentiez-vous dans le cinéma français ?

Claude Faraldo. Nulle part. Je ne connaissais pas le cinéma. Je n'étais ni cinéaste ni même cinéphile. J'avais vu quelques films, et c'est tout. Je n'avais jamais approché de caméra et je ne savais même pas qu'on pouvait changer les optiques. C'était une autre époque de la société et peut-être du cinéma. J'étais juste chauffeur livreur, ce qui est raconté dans Bof, film qui pourrait mentir mais ne ment pas.

Que s'est-il alors passé ?

Claude Faraldo. Bof a été viré des cinémas et Langlois l'a passé à la Cinémathèque. J'ai découvert ce gros monsieur qui semblait connaître et aimer le cinéma. Il m'a présenté des gens. Il faut dire que j'étais contre le parisianisme. Chez moi, on était communiste, on aimait Montand et Aragon. Tous les autres, c'était des intellectuels qui parlent. Le cinéma, ce n'était pas raisonnable. Avec Themroc, j'ai voulu faire un film qui soit seul et n'amène aucune analogie, c'est pourquoi il n'y a pas dedans de langage. Je ne me suis jamais senti avoir une place dans le cinéma.

Quand même, on a salué alors comment vous vous situiez dans la continuité de l'esprit libertaire de mai 1968...

Claude Faraldo. Libertaire ? Oui, ce sont surtout les metteurs en scène qui m'ont parlé le plus d'une certaine liberté que j'amenais dans le cinéma. J'agissais dans l'inconscience totale. Je ne croyais pas beaucoup à la connaissance. Maintenant j'y crois mais, alors, je pensais que l'ignorance était propice à la création et je recherchais une forme de solitude. Pas existentielle mais je pensais qu'il fallait agir à partir de ses sentiments, de ses élans et de ses réactions. Je ne connaissais même pas les gens qui faisaient du cinéma en même temps que moi. J'ai connu mai 1968 mais je n'étais pas prêt non plus.

Si on considère que vous avez tourné cinq films dans les années soixante-dix, vous faisiez quand même partie de la profession...

Claude Faraldo. Si on juge par le nombre de films, oui. Mais être d'une profession, c'est s'y sentir, en avoir la connaissance, les rapports. J'étais très peu dans l'accointance. Les gens du cinéma que j'aimais, ce n'était pas parce qu'ils étaient dans le cinéma. Quand j'ai compris que tout apprendre allait être très compliqué, qu'il me faudrait dix ans, j'ai décidé que je ne le ferais pas. J'avais raison parce que c'était faisable, parce qu'on travaille avec une équipe. Ce qu'il faut, c'est avoir des idées bien arrêtées. Un film, c'est des bouts qu'on tourne et qu'on garde à la suite des autres dans le rythme qu'on a choisi. Dans les arts techniques, le cinéma est certainement le seul où on peut travailler ainsi. Il faut dire que c'est une époque où il y avait des techniciens très intéressants. On en perd maintenant avec ce qui arrive aux intermittents.

Pourtant, on dit parfois des gens de la nouvelle vague qu'ils tournaient avec des jeunes aussi, faute de pouvoir se payer les techniciens confirmés...

Claude Faraldo. On avait le choix. Moi, il me fallait des techniciens confirmés, sentir qu'ils me suivaient bien, ça me poussait. Sur Bof, mon chef opérateur était Sacha Vierny, qui avait fait l'Année dernière à Marienbad, et c'était un homme épatant, gentil, modeste et plein de talent. C'était très important de l'avoir, pas du tout lourd. Il cherchait à se déplacer de ses films habituels. Ce sont les autres qui croyaient qu'il ne pouvait pas. Maintenant, la technique est tellement différente, avec le combo sur le côté et l'étalonnage vidéo et numérique. On n'est plus tenu aux raccords lumière, on arrange cela après. Là, on tournait à l'aveugle et on ne voyait que le lendemain ou le surlendemain. J'aimais ça. Je n'ai jamais été un bon technicien ni un bon metteur en scène mais j'avais le don géométrique de me déplacer dans l'espace, de voir du plafond en sachant que la table allait occuper l'espace et les têtes rien du tout, donc j'avais les places de la caméra. De même, je savais que si tel acteur regarde dans telle direction et tel autre dans telle autre, ils n'allaient pas, après montage, regarder ailleurs. Mes points forts ont toujours été la préparation du scénario et le jeu d'acteurs. J'ai laissé à d'autres le soin de bien faire du cinéma.

Et ensuite ?

Claude Faraldo. Plein de choses ont changé. L'arrivée de la télévision en production dans les films m'a beaucoup gêné. Que telle ou telle personne payée à l'année vienne discuter de la fin de mon film ou du choix des acteurs me dérange.

Et aujourd'hui ?

Claude Faraldo. Il y a tellement longtemps que je dis que la société doit être secouée. En ce moment, on voit des secousses maladroites et connes dans leur expression mais on ne peut pas regretter la secousse. Moi, il y a des années que j'attends le chaos. Or les sociétés que l'on croit solides sont très propices au chaos.

Hommage à Claude Faraldo, au Cin'Hoche de Bagnolet, les 18, 19, 20 et 22 novembre.

 

LE MONDE DU 04.02.2008

Claude Faraldo, cinéaste, par Jean-Luc Douin

Le cinéaste Claude Faraldo est mort mardi 29 janvier à l'âge de 71 ans. Né en 1936 à Paris, d'un père tourneur-ajusteur, il était l'un des très rares réalisateurs de cinéma à venir d'un milieu prolétaire. Plongé dans le monde du travail à 13 ans, tour à tour manoeuvre, porteur de télégrammes ou livreur chez Nicolas (ce dont il se souviendra dans Bof !), Claude Faraldo avait suivi des cours d'art dramatique chez René Simon. Il y a rencontré Evelyne Vidal, jeune comédienne reconvertie dans le métier d'agent, qui forma avec Gérard Lebovici et Michèle Méritz le trio fondateur de l'agence Artmédia. Passant du travail abrutissant au farniente - "Il faut peu de temps pour transformer un prolo en bourgeois", disait-il -, il signe un premier film en 1965, La Jeune Morte, puis Bof ! en 1971, film assez bouffon et porteur des idéaux anars d'après-68. Cette histoire d'un ouvrier qui prône à son fils le rejet du travail, de la famille et de la propriété, réclamant le droit à la paresse et vivant un "communisme sexuel", fait un petit scandale. RÉALISME SOCIAL Faraldo poursuit sa veine corrosive, son goût de l'outrance et de la contestation débridée en 1973 dans Themroc, d'après une pièce de théâtre qu'il avait écrite en 1969, Doux Métroglodytes. Michel Piccoli y incarne un peintre en bâtiment qui, révolté contre son abrutissante existence et contre la civilisation du confort, transforme son logis en grotte primitive, délestée de tous objets symboles de la société de consommation. Mué en barbare, ne s'exprimant que par cris et onomatopées et chantant le retour à la nature, il se voit bientôt imité par ses voisins qui, avec lui, finissent par orchestrer un barbecue subversif, tournant un CRS en broche. Après Tabarnac (1975), reportage sur la tournée du groupe rock québécois Offenbach, il retrouve son instinct provocateur avec Les Fleurs du miel (1976), tourné en trois semaines dans son pavillon de Garches (Hauts-de-Seine) : une peinture en parallèle de deux couples, dans laquelle il moque le premier (bourgeois) et honore le second (ouvrier). Le livreur de bouteilles (encore) et la friquée victime d'un mari macho trouveront un moyen de vivre une nuit en rose. Deux lions au soleil (1980) passe du ras-le-bol à un réalisme social désespéré. On détecte une tendresse dans cette errance de deux prolos homosexuels (Jean-Pierre Sentier et Jean-François Stévenin) qui décident d'arrêter de travailler et vivent leur désenchantement sans agressivité, découvrant que l'escroquerie ne vaut pas mieux que la misère. Flagrant désir, enfin (1986), confirme l'évolution du ton décapant de l'auteur en ironie douce-amère. Faraldo y évoque la grande bourgeoisie bordelaise et les rapports de pouvoir au fil d'une enquête policière dans le Médoc. Il y avait aligné cette fois une distribution franco-américaine, avec Sam Waterston, Marisa Berenson et Lauren Hutton.

Dates clés : 23 mars 1936 : Naissance à Paris. 1965 : Premier film, "La Jeune Morte". 1971 : "Bof !". 1986 : "Flagrant désir" avec Marisa Berenson. 29 janvier 2008 : Mort.

LIBÉRATION du mercredi 6 février 2008

Claude Faraldo, la fin d'un frondeur , par Olivier Séguret

Disparition. Le réalisateur de «Bof» et «Themroc» est mort à l'âge de 71 ans.

«Autodidacte» et «contestataire» sont les deux qualificatifs qui ont le plus souvent servi à évoquer le cinéma et la personnalité de Claude Faraldo, mort mardi 29 janvier d'une crise cardiaque, à l'âge de 71 ans. Au cours de sa carrière de cinéaste, entamée presque par hasard en 1965 avec la Jeune Morte, Faraldo aura mis en scène une douzaine de films très disparates, mais toujours animés d'une même vibration libertaire, qui en fait un cas assez unique du paysage français, dont le bestiaire, pourtant, est déjà riche en créatures originales. Né à Paris le 23 mars 1936, Claude Faraldo exerce divers petits métiers à partir de l'âge de 13 ans : manœuvre, facteur ou livreur pour les vins Nicolas. Ayant d'abord songé devenir acteur, il rejoint les cours d'art dramatique de René Simon, où il fait la connaissance d'Evelyne Vidal, qui devient sa compagne et fondera plus tard, avec Gérard Lebovici et Michèle Méritz, l'agence Artmédia . Ses films les plus célèbres sont aussi les plus emblématiques : Bof (1971), un éloge du droit à la paresse, Themroc (1973), farce anarchiste avec un inoubliable Michel Piccoli en vieux garçon mysanthrope radical, ou Deux Lions au soleil (1980), surprenante romance entre les deux gaillards Jean-François Stévenin et Jean-Pierre Sentier). En 1986, Claude Faraldo tente avec Flagrants désirs la saga familiale bordelaise dans un style qui allait donner des idées à la télévision française, à laquelle il fournira désormais l'essentiel de son travail (des Maigret, des David Nolande, des épisodes de miniséries) à l'exception d'un dernier tour de piste sur grand écran en 2000, avec Merci pour le geste. Ses origines très populaires, qu'il ne manquait pas de revendiquer, en faisaient aussi un cas à part dans le système cinéma français, notablement bourgeois. Mais le thème social, pour être omniprésent dans son cinéma, était aussi le vecteur d'une pulsion subversive plus large, qui touche autant aux mœurs et au souci de soi qu'à la stricte satire politique. Ce mélange d'humour, de pessimisme et de goût pour toutes les libérations fait de Claude Faraldo un pur exemple de cinéaste post-68, auquel aurait pu revenir en France le rôle et l'importance d'un Marco Ferreri en Italie. Le festival Itinérances d'Alès, qui lui avait rendu hommage en 2006, salue sa mémoire dans un communiqué, déplorant la disparition d'un «cinéaste qui s'était emparé de son art avec une énergie farouche et donnait à intervalles réguliers des nouvelles de la famille, du monde ouvrier, de la société française». Claude Faraldo a été inhumé jeudi dernier «dans le Midi, en toute intimité», comme l'a indiqué à l'AFP Pierrette Panou, son agent.

 

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